La République morbide de l’idiocratie

Nous vivons une étrange époque ou l’esprit critique est complètement mis de côté pour le « buzz » ou le « putaclisme » politico-médiatique. Plus rien n’est comme avant. Ou plutôt, tout est en fait comme avant mais démasqué. C’est un peu comme si Donald Trump s’était emparé de l’Elysée et avait révélé, comme il le fait de « l’élite » américaine la totale idiocratie qui règne dans les fin-fonds du néolibéralisme.

Le président de la république française est autant le comptable de cette idiocratie que le président Trump l’est de celle des Etats-Unis. Mais ils ne sont pas les seuls. Cela fait 40 ans que cela dure. Cela fait 40 que cela se délite et que la presse, qui devrait être un contre pouvoir, n’est plus qu’une méritocratie de bourgeois trop contents de bien profiter de leur place. Et ils sont très grassement payés par les milliardaires qui signent leurs chèques.

La petite presse indépendante fait ce qu’elle peut pour tenir un discours alternatif mais est, de la même manière que la presse américaine, noyéee sous le flot de médiacrates qui noient le discours avec les idées de la droite réactionnaire jusqu’à l’extrême droite. Ils glorifient la violence et le tout immédiat, ne parlent jamais des enjeux du siècle (genre la guerre sur l’eau, mais qu’importe si cela a avoir avec notre survie!) et font des exortations à plus de libéralisme, plus de droits pour le patronat, se fichent royalement que des millions d’espèces animales ou que la nature soit litérallement en train de crever du moment que le CAC 40 est heureux. Et bonus, ils font parler sur les plateaux toutes les pires crevures de ces dernières années comme Manuel Valls, un royaliste ayant déserté son mandat pour rejoindre l’extrême droite Espagnole et soutenir le coup d’état contre Evo Morales en Bolivie mais qui est surtout grandement responsable des attentats de 2015 pendant que Hollande financait les Jihadistes en Syrie.

Si nous avions une vraie presse de contre-pouvoir, ce mec ne tiendrait pas 1 minute sur un plateau.

Depuis les années de fin de règne de Mittérand jusqu’à Macron aujourd’hui, la République est en train de crever à petit feu sous les coups d’une oligarchie en lien avec la haute administration du pays qui n’en a jamais assez. Les « médias » ne sont là que pour lui cirer les pompes, promouvoir la haine raciste et islamophobe et même une tarée comme Marine LePen déclare elle-même que CNEWS est SA chaine.

Les liens entre les macronistes et l’extrême droite ne font même plus de doute. En 2017, on prétendait faire « barrage ».

Dans ce foutoir qu’est la République et notamment l’inaction criminelle du gouvernement face au Covid en refusant notamment les masques gratuits, des tests de grande échelle etc, nous avons aussi l’hypocrisie envers la réponse face au terroriste islamique qui est le cache sexe de l’hypocrisie de l’impérialisme français lui-même. Qui finance le salafisme dans le monde si ce ne sont les grands amis de Hollande, Macron et Valls, l’Arabie Saoudite. Et qui a envoyé plus de 400 jihadistes français en Syrie parce que le gouvernement français, vassal de l’empire américain, a décidé de se méler des affaires des Syriens? On le doit aux Sarkozy, Hollande, Valls, Macron et toute cette clique de néolibéraux dont le cerveau marche à court terme et surtout en fonction des cours du pétrole sur lesquels toute l’économie des Etats-Unis repose.

On peut penser ce qu’on veut d’Assad mais on peut dire beaucoup par contre du régime d’Arabie Saoudite que nos « élites » adorent et sous-traitent depuis des décennies. Pour régler la question du terrorisme islamiste en France, il va falloir arrêter de jouer les faux-culs et mettre certains devant la justice. Qu’attend d’ailleurs cette justice pour foutre Sarkozy en prison pour avoir aidé Obama et Hillary Clinton à transformer la Libye en marché d’esclaves? Non, ça personne ne veut en parler ou traduire qui que ce soit en justice. On pourrait d’ailleurs ajouter BHL à la liste des propagandistes criminels qui polluent les plateaux télé depuis bien trop longtemps.

La liste pourrait être longue mais on peut facilement découvrir à quel point nos médias sont complices de ces fanatiques libéraux depuis des années en lisant le livre de Serge Halimi par exemple.

Quand à l’extrême droite, elle a toujours été utile aux capitalistes. N’oublions pas qu’Hitler a été élu sur la débacle de l’Allemagne d’avant guerre incapable de répondre aux besoins sociaux. Mussolini a clairement revendiqué le fascisme comme étant le mariage du capitalisme et de l’état. Ce n’est pas nouveau, nous le savons historiquement. Cela fait depuis les années Chirac que l’extrême droite est sciemment banalisée et dédiabolisée par les médias au point que des tarés comme Zemmour font ce qu’ils veulent même lorsqu’ils sont condamnés. Qui est responsable si ce n’est ceux qui ont laissé faire? Les mêmes qui passent maintenant lois liberticides après lois liberticides.

Et pendant que tout cela domine les « médias », personne ne parle des 80% de mammifères en train de disparaître de la surface de la terre, personne ne s’offusque de la privatisation grampante de l’éducation nationale, de la santé, de nos forêts, de notre eau, de nos vies. Tant que l’argent coûle à flot, LES MEDIAS S’EN TAPENT.

Finalement, les libéraux ont réussi leur coup: ils ont transformé la France en 51ème état des Etats-Unis, bien alignée et docile et bien entendu bien arrimée à l’OTAN, la machine de guerre américaine. Ne vous y trompez pas, lorsqu’un média met très en avant des manifestations dans « certains » pays, la propagande impériale est présente. C’est son rôle, c’est ce qu’elle a toujours fait pour ses propres intérêts. La nouvelle guerre froide contre la Chine en est un exemple. Maintenant, saurez-vous avoir un esprit plus critique qu’au temps des « armes de destruction massive » de Saddam? Pas sûr. C’est ce qui fait la force de la propagande et du marketing sur les cerveaux. Après tout, si on arrive à convaincre les gens de manger des choses néfastes pour eux, on les convaincra d’appuyer d’autres guerres. C’EST LA MEME CHOSE.

Pour Julian Assange

Je ne suis pas une journaliste, juste une militante. Je ne suis pas une consommatrice d’info, je suis une avide lectrice et autrice toujours à la recherche de la vérité. Et je suis sidérée.

Sidérée de l’absence des médias français autour du procès en extradition de Julian Assange, sidérée de l’indifférence des politiciens et artistes et journalistes français autour de ce que moi-même, et d’autres, appellons le « procès du siècle ». En même temps, devrais-je être surprise par le silence de ces gens qui depuis très longtemps ont renoncé eux-mêmes à vraiment informer les peuples trop occupés à plaire à leurs maitres. Mais c’est tout de même sidérant.

Depuis 10 ans, Julian Assange est la victime non seulement de la brutalité du gouvernement criminel des Etats-Unis mais également de la propagande toujours aux ordres des états et de l’empire des médias. Ceux-ci ont avalé, sans hésiter et sans critique, les mensonges sur l’homme Assange en diffusant les accusations de viol (abandonnées par le gouvernement Suédois car fausses, pourtant fidèle vassal de l’empire). Je suis une victime de viol et je n’y ai pas cru une seule minute. Ils l’ont traité de mégalo, de corrompu, de terroriste (les mots des politiciens américains entre autres). Tout a été fait pour détruire sa réputation, son travail, sa vie.

Mais qu’a donc fait cet homme pour mériter ce traitement indigne et cette chasse aux sorcières du 21eme siecle? Avec Wikileaks, il a publié 10 millions de documents, plus que toute la presse réunie au monde, de quoi créer de la jalousie. Dans ces 10 millions de documents, il y a d’abord et avant tout les crimes de guerre de l’empire mais aussi des révélations sur des crimes environnementaux ou comment le Parti Démocrate a truqué la nomination de 2016 au profit d’Hillary Clinton et contre Bernie Sanders. Wikileaks a également montré comment cette même Hillary Clinton est également une criminelle de guerre. Pour la France, Julian Assange a rendu d’énormes services notamment en montrant que nos trois présidents avant Emmanuel Macron avaient eu leur téléphones sur écoute par la CIA et Angela Merkel en Allemagne. Il a également publié les #MacronLeaks qui ont clairement montré ce que le candidat Macron préparait pour la France. Aujourd’hui nous voyons et subissons le résultat.

J’ai suivi plus de 12 heures par jour le procès d’extradition à la court du Old Bailey à Londres. Ceci n’est pas un tribunal ordinaire. Il est le plus important tribunal PUBLIQUE du Royaume Uni. J’ai suivi les détails donnés par les quelques journalistes indépendants présents pour détailler le procès. Aucun « journaliste » des « médias de révérence » n’a semblé intéressé par ce procès alors que cela les concerne en premier lieu. Des journalistes de la BBC se sont pointés le premier jour pour, je suppose, faire bonne figure, mais n’ont apparemment pas trouvé le procès suffisamment intéressant à leurs yeux. C’est bien dommage car ce procès a révelé les plans de l’empire envers tout journaliste: Julian Assange est un journaliste, nous le punissons pour son travail et nous punirons tout autre journaliste, quelque soit son pays, s’il a le malheur de vouloir révéler nos crimes. Nous sommes les Etats-Unis et nous pouvons emprisonner qui nous voulons.

Peu de gens se lèvent pour défendre Assange dans le monde politique également. Les exceptions sont rares mais notables: Lula Da Silva, ancien président du Brésil lui-même persécuté et mis en prison avant que les révélations du journaliste Glenn Greenwald ne permettent sa libération, Raphael Correa, ancien président de l’Equateur qui avait donné l’asile politique à Julian dans l’ambassade de Londres et trahis plus tard par Lenin Moreno qui a littérallement vendu Julian à Donald Trump et Mike Pompeo et qui n’a pas aimé les révélations de Wikileaks sur sa corruption. Raphael Correa est lui-même persécuté et est refugié en Europe. Jeremy Corbin, ancien leader du Parti Travailliste Britannique, lui aussi une victime des plus grandes degueulasseries dont sont capables les « médias » et candidat malheureux à cause d’eux en grande partie. Et plus discrètement, on retrouve aussi Jean-Luc Mélenchon (voir ici sa note de blog sur Assange et aussi le site de Pamela Anderson ou elle note sa position sur les animaux et Assange et la video de la rencontre de Mélenchon avec Assange) en France, qui, lui aussi, connait bien le niveau auxquels les médias peuvent s’abaisser pour salir une personne. Il y en a d’autres comme les artistes Roger Waters (de Pink Floyd) et donc l’actrice et militante Pam Anderson, toujours du coté de la justice pour les animaux comme pour les humains.

Le procès etait donc une parodie de justice. La juge Baraitser s’est comportée comme une procureure et non comme une juge. Tous ceux qui ont suivi le procès savent que Wikileaks a révélé la corruption de son mari et qu’elle n’était donc pas impartiale et aurait du se récuser au profit d’un autre juge. Elle a refusé certainement pour se venger. Les descriptions données sur le déroulement et les conditions du procès sont ubuesques tant dans le parti pris de la juge, la manie du procureur d’essayer de décribiliser les témoins de haute qualité venus apporter leurs expertises en faveur de Julian. On y trouve des défenseurs des droits l’homme, des journalistes d’investigations, des juristes, des experts en informatique mais aussi des intellectuels importants comme Noam Chomsky ou Daniel Ellsberg à qui ont doit les Pentagon Papers, lui-même ancienne victime du gouvernement américain et dont le role a mis un terme à la guerre du Vietnam. Rien que ça! Les conditions physiques du procès lui même avec Julian enfermé dans une cage de verre et empêché de pouvoir avoir accès à sa défense ou même de pouvoir parler à ses avocats auraient du mettre un terme à la supercherie. L’inhumanité des conditions de sa détention, un JOURNALISTE dans une prison de haute sécurité pour TERRORISTES et les détails qui ont transpiré sur sa condition physique et mentale ne laissent aucun doute sur le caractère potentiellement mortel de l’issue.

Richard Medhurst, un jeune journaliste Syrien-Britannique courageux et intègre a parfaitement résumé ce procès le dernier jour devant le Old Bailey:

« Le manque d’accès pour les journalistes durant ce procès en extradition est une abomination. Le manque d’attention des médias est une abomination pas seulement en ce qui concerne la presse corporatiste mais aussi les médias indépendants. Certains ont même publiés des déclarations disant « ou est l’attention portée au procès Assange et à les critiquer ? » tout en continuant à ignorer le procès eux-mêmes. Ceci est une attaque sur la liberté de la presse, c’est une attaque sur ce qui reste de justice au Royaume Uni, c’est une violation des lois de l’Union Européenne, des lois Britanniques, des lois internationales. C’est une putain d’abomination que nous ayons Julian Assange en procès pour avoir exposé des crimes de guerre. Nous avons Chelsea Manning qui a été torturée et remise en prison pour avoir révelé des crimes de guerre et avoir dévoilé l’existence de fausses communes de 15,000 iraquiens tués. Les gens qui ont commis ces crimes de guerre, Tony Blair, George W. Bush, sont tous dehors. Paul Wolfowitz, Donald Romsfeld. Leurs noms n’ont même pas été prononcés dans cette fichue court! Ceci se passe dans le Cité de Londres mais ce sont les Etats Unis qui tiennent le maillet. Ce sont eux qui dirigent ce show. C’est dégoutant. Tout ce qu’a fait Wikileaks, tout ce qu’a fait Julian Assange étaient des actes d’anti-imperialisme et ils doivent être montrés en tant que tel. Nous devons nous rappeler des vrais crimes qu’ils ont devoilé. Ce n’est pas juste une attaque sur la liberté de la presse, c’est une attaque sur les vies de gens qui sont bombardés tous les jours, les gens qui sont tués chaque jour. On parle d’eux comme s’ils n’étaient que des fourmis. C’est inacceptable. Et ils veulent nous faire être désolés pour des « informateurs » imaginaires qui n’ont jamais été blessés et les Etats-Unis, de leur propre aveux, nous ont dit que Wikileaks n’a jamais mis qui que ce soit en danger. Donc, qu’est-ce qui se passe ici? Ceci est une violation révoltante des droits humains de Julian Assange, c’est une violation révoltante de la liberté de la presse, et c’est une absolue parodie de toute semblance de justice dans ce pays (RU). »

Dans son témoignage durant le procès, Jennifer Robinson, l’avocate et amie de longue date de Julian Assange, a révelé que des représentants de Trump s’étaient rendus à l’ambassade en 2017 pour faire un « deal » avec Assange: Il révelait la source des emails du Democratic National Commitee en échange d’un pardon par Trump. Julian a refusé pour ne pas trahir sa source a l’intérieur de la machine démocrate (et qui n’a jamais été le gouvernement Russe contrairement à la propagande). Pendant le procès, Julian a eu un soubressot et s’est levé en pleine court pour dénoncer le refus de la juge de laisser lire le témoignage d’une victime de torture par la CIA qui a pu se défendre grâce au travail fait par Wikileaks.

Julian, de part son intégrité, vaut mieux et je n’hésite pas à le dire, que la plupart des « grands journalistes » qui se ventent d’être les meilleurs. Ces gens sont silencieux soit par complicité, soit parce qu’ils l’ont jalousé, soit parce qu’ils sont trop bien payés pour se taire. Il est notable que le journal The Guardian qui a gagné beaucoup d’argent grâce à Assange et a aussi trahit sa confiance est particulièrement silencieux sur le procès. Ce silence est complicité. La même chose peut être dite du New York Times, Le Monde et quelques autres qui ont aussi fait beaucoup d’argent grâce à Wikileaks mais qui sont actuellement bien silencieux. Le procès a montré comment deux journalistes du Guardian ont voulu salir Julian Assange et comment ce sont eux qui auraient du être dans la cage de verre. Ils n’auront que mon mépris et surtout pas un abonnement de ma part.

Dans les années 70, l’ancien agent de la CIA, John Stockwell a montré comment la CIA a toujours implanté des « fake news » dans les grands médias du monde entier. Pensez-y une minute. Le New York Times n’a jamais retiré ses mensonges sur la guerre en Iraq. Wikileaks n’a JAMAIS EU à retirer quoi que ce soit sur 10 millions de documents car il n’y a aucune erreur. Combien de médias, habitués à être des serviteurs dociles des pouvoirs, peuvent se venter d’avoir un tel palmarès? Aucun. Et c’est bien pourquoi ils détestent majoritairement Julian Assange car il les a humiliés et a montré leurs limites.

«Le Church Comitee l’a publié en 1975, puis Woodward et Bernstein ont publié un article dans Rolling Stone quelques années plus tard: 400 journalistes coopèrent avec la CIA … pour introduire consciemment des histoires dans la presse.

Décision de la juge sur l’extradition début 2021.

#FREEASSANGE

La classe sociale oubliée: les animaux non-humains

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Chien Gilet Jaune – Photo SPA (https://www.santevet.com/articles/gilets-jaunes-les-chiens-aussi-manifestent)

La science nous dit que les animaux non-humains se catégorisent en groupes sociaux avec une culture propre, qu’ils sont intelligents, qu’ils réléchissent, qu’ils ont une vie sociale et des liens sociaux et bien entendu qu’ils souffrent. Ils sont donc, selon leurs espèces, une classe sociale à part entière parce qu’ils sont opprimés et exploités par une classe « supérieure », la classe humaine.

Dans ce grand moment de révolte des Gilets Jaunes que je soutiens, il n’est pas inutile de rappeler que la classe sociale la plus oubliée est celle qui attérit généralement dans l’assiette des riches comme des pauvres. Il y a cependant une grande différence: il est beaucoup plus simple pour une personne qui en a les moyens de faire le choix du véganisme que pour un pauvre condamné à la malbouffe pas chère et dont les décisions sont donc restreintes par le porte-monnaie.

Durant sa campagne présidentielle, et même depuis, Jean-Luc Mélenchon expliquait très justement que le pouvoir d’achat est toujours lié à la qualité de la nourriture que nous mangeons. Sans pouvoir d’achat, il n’est pas impossible de manger végétalien mais parfois plus difficile (j’en sais quelque chose car je suis précaire) mais à la condition d’être informé, éduqué, ou d’avoir une conscience animaliste depuis longtemps qui permette d’ajuster nos habitudes en fonction de nos moyens. Je donne des solutions simples et souvent pas chères pour devenir végane dans mon livre « C’est quoi le Véganisme? » donc je n’y reviens pas ici.

Comment donc faire en sorte que les animaux non-humains soient reconnus en tant qu’individus alors même que le pouvoir et les médias ne voient en les gilets jaunes qu’une masse de prolos idiots, « beaufs » et alcooliques. Dans ces prolos, j’en connais qui sont véganes et sont présents avec les gilets jaunes (coucou les copines!). Je n’ai jamais séparé les questions sociales du combat animaliste parce que tout dans ce monde est lié. L’exploitation animale amène à l’exploitation des humains. L’une n’existe pas sans l’autre. Comme le dit Will Tuttle, « ce que l’on fait aux animaux, nous le faisons tôt ou tard aux humains ». Cela se vérifie dans toute l’histoire de l’humanité à commencer par les premières cultures d’élevages venant du moyen orient il y a environ 10000 ans. Ceux là même qui ont créé la domestication et l’esclavage des animaux non-humains pour leur profit on ensuite créé les premières guerres, la domination des femmes, l’esclavage des vaincus de leurs guerres etc….

Il est intéressant de noter aussi que ce sont les plus pauvres qui souffrent le plus de maladies évitables liées à l’alimentation. Toutes ces maladies proviennent de la malbouffe industrielle et notamment les produits d’origine animale que le professeur T-. Colin Campbell appelle les « maladies d’affluence » (diabètes, maladies cardiaques, certains cancers, etc.). Car en fait, ce sont des maladies classiques de pays riches. Manger végétalien est donc dans l’intérêt des plus précaires (qui ont le plus de difficultés à se soigner également) et cela peut être fait sans que ça ne coûte plus cher que de manger de manière « classique ». Cela coûte même souvent moins cher. Là aussi, je donne des clefs dans mon livre donc je n’y reviens pas.

Les gilets jaunes ne sont rien d’autres qu’une expression de plus de la révolte des dominés sur les dominants. Les animaux non-humains ne peuvent pas se défendre mais, heureusement, ils ont des porte-paroles humains. Revendiquer la justice sociale passe par une évolution du niveau de vie du « petit peuple » si moqué par les élites. Ce petit peuple pourra ensuite faire des choix « consuméristes » plus justes et éthiques. Le pouvoir d’ailleurs n’est pas chaud pour éduquer convenablement les enfants de cette classe prolétaire par exemple en permettant à ses enfants d’apprendre à manger autrement (les plats végés dans les écoles en options tous les jours et non au compte goutte) et à leur enseigner une vraie connaissance scientifique et humaniste des animaux non-humains qui permettrait d’aider à enreiller la maltraitance de ceux-ci. Garder le peuple ignorant de ceux qui sont encore plus opprimés qu’eux est la même tactique que de le diviser en lui faisant haïr l’immigré ou le migrant souvent bien plus misérable que lui.

La diversion des élites est voulue pour qu’on ne pointe pas le doigt de leur coté. Mais il semble que cela marche de moins en moins. Le mérite du mouvement des gilets jaunes est d’avoir su passer au delà de la simple revendication de départ (le prix du diesel) et d’élargir la problématique en sachant voir qui profite sur leur misère. Maintenant, la revendication du RIC (Référendum d’Initiative Citoyenne) est une clef énorme pour la souveraineté populaire mais pourrait aussi devenir un moyen de créer des changements pour les animaux. On peut par exemple imaginer un RIC qui dirait « pour ou contre la corrida », sachant qu’au moins entre 70% et jusqu’à 80% des français y sont opposés. En cela, ce mouvement EST donc révolutionnaire!

Reste à voir jusqu’ou il pourra aller. Car si des transformations de société doivent venir, elles permettront également, tôt ou tard, des avancées pour la biodiversité, le climat et donc les espèces non-humaines, premières sacrifiées par le capitalisme et les multinationales.

 

© Copyright Décembre 2018 – Veronique Perrot – Tout droits réservés. Toute utilisation et/ou publication non-autorisée de ce matériel sans l’autorisation verbale ou écrite de cette auteure et/ou de cette propriétaire est strictement interdite. Des extraits ou des liens peuvent être utilisés si un crédit clair et complet est donné avec une direction spécifique et appropriée vers le contenu original.

Sources:

  • Gilets jaunes : les chiens aussi manifestent ! Santé Vet
  • RESPECTER LES ANIMAUX C’EST AFFIRMER NOTRE HUMANITÉ – Jean-Luc Mélenchon
  • Lien à mon livre « C’est quoi le véganisme? » qui donne des solutions simples qui incluent ceux avec peu de moyens.
  • 80% des Français considèrent que le supplice et la mise à mort d’un animal (comme dans une corrida ou un combat de coqs par exemple) ne peuvent plus être considérés comme un spectacle en 2018 en France, selon un sondage IFOP de 2018 (source : Fondation Brigitte Bardot). Politiques Animaux

Reviens Victor Hugo! Les « intellectuels » modernes tous réacs sur la cause animale

« Torturer un taureau pour le plaisir, pour l’amusement c’est beaucoup plus que de torturer un animal, c’est torturer une conscience! » Victor Hugo

Dans l’océan de pauvreté intellectuelle que l’on trouve dans les médias, il n’est pas rare cependant d’y entendre quelques personnes d’intérêt: philosophes, historiens, économistes, etc…. Je recherche toujours chez eux cette pensée qui va m’exciter intellectuellement sur la justice sociale, la politique, etc. Mais j’espère rarement trouver un quelconque intérêt de ces messieurs (rarement des femmes d’ailleurs) pour la cause animale en général et encore moins l’antispécisme et son corollaire le véganisme.

Sur la palettes des personnalités médiatiques qui « réfléchissent », je ne prendrais que deux exemples de personnalités médiatiques à l’opposée du spectrum politique l’une de l’autre:

Alain Finkielkraut est un « philosophe », membre de l’Académie Française, clairement marqué néolibéral de droite avec une pensée que je trouve souvent d’une bétise ahurissante à mettre dans la même boite qu’un Eric Zemmour. Il se dit proche des animaux qu’ils considéreraient « plus sensibles que les habitants des banlieues ». Si j’enlève le racisme évident de ses commentaires, quels critères prend-t-il pour juger de la sensibilité des uns et des autres? Clairement sioniste, il est bien sûr pro-Israélien et anti-Palestinien comme un paquet de pseudo-intellectuels qui pullulent dans les médias et prétendent ignorer qu’Israel est un état Appartheid avec un gouvernement d’extrême droite.

Sa position sur les animaux non-humains est hallucinante. Il se dit contre l’élevage industriel (tant mieux) et se voit cajolé par la (parfois démente) Christine Angot dans l’émission « On n’est pas couché » sur son livre « Des animaux et des hommes ». Il s’horrifie de « l’idéologie des véganes » qu’il qualifie bien entendu d’extrême. Il pointe très justement ce qu’est le combat des véganes et des antispécistes mais ne se reconnaît pas du tout dans le mouvement. Il se dit « soucieux des animaux » tout en considérant que la « libération animale » n’a rien à voir par exemple avec la libération des noirs qu’il dit n’avoir aucun rapport. La description donnée par France Inter sur Finkielkraut vaut son pesant de spécisme: « À la fois vent debout contre les conditions effroyables de l’abattage industriel, pas très tendre avec les vegans, amoureux fou des vaches, d’ailleurs gravé sur son épée d’académicien français, et qui, à une époque où l’on ne supporte plus les paradoxes, peut être ébloui par l’art d’un grand torero comme José Tomas, sans pour autant aimer la corrida. » …Ah bon? Au crédit de M. Finkielkraut, son livre semble remettre en cause les théories de Descartes sur « l’animal machine » et parle de la sensibilité des animaux non-humains. « Les animaux sont nos semblables en tant qu’ils souffrent », dit très justement Finkielkraut sur France Inter. Cependant, il refuse d’accepter l’idée que nous sommes des animaux comme les autres. « Le lion n’est pas responsable de la gazelle », dit-il. En effet, mais le lion EST carnivore et n’a pas d’autre choix que de tuer pour vivre. Nous pouvons choisir. La comparaison est donc ridicule. Il va jusqu’à parler de « collaboration avec les animaux ». Ils collaborent à leur propre meurtre? Et puis quelle horreur le végétarisme, ça coupe les liens à nos souvenirs; les souvenirs d’avoir mangé des cadavres? et la corrida, c’est quand même un combat hein? Et puis s’il n’y a plus de corrida, il n’y a plus de taureaux…. bla bla bla bref tous les poncifs carnistes habituels. Au suivant.

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Sur un dessin d’Insolente Veggie

 

Emmanuel Todd, historien et démographe plutôt de gauche et que j’apprécie généralement n’hésite pas à s’attaquer à ce qu’il appelle à juste titre « la crétinisation des mieux éduqués » et à la bétise ambiante en politique. Sur ces points, je suis d’accord avec lui. Mais lorsqu’il est confronté avec son propre spécisme, c’est « circulez, y a rien à voir! ». Sur le plateau de l’émission C Politique, il se trouve face à Tiphaine Lagarde de 269 Life qui n’hésite pas à le remettre à sa place quand à son offuscation que l’on puisse comparer l’holocauste animal (on parle de milliards d’êtres sensibles massacrés par une seule espèce chaque année) à la Shoah, sujet éminemment sensible pour un juif. La comparaison est généralement balayée d’un revers de la main par ceux-ci mais pas tous. Tiphaine Lagarde lui pointe d’ailleurs avec justesse le livre dédié à la mémoire d’Isaac Bashevis Singer « Un Eternel Treblinka » écrit par Charles Patterson.

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Emmanuel Todd et Tiphaine Lagarde sur le plateau de C Politique (Capture d’écran)

Pour extrait, ce passage tiré des Cahiers Antispécistes sur le livre:

Eternal Treblinka est dédié à la mémoire d’Isaac Bashevis Singer, prix Nobel de littérature, et c’est à ce dernier que Charles Patterson a emprunté la citation mise en exergue de son ouvrage:

En pensée, Herman prononça l’oraison funèbre de la souris qui avait partagé une partie de sa vie avec lui et qui, à cause de lui, avait quitté ce monde. « Que savent-ils, tous ces érudits, tous ces philosophes, tous les dirigeants de la planète, que savent-ils de quelqu’un comme toi ? Ils se sont persuadés que l’homme, l’espèce la plus pécheresse entre toutes, est au sommet de la création. Toutes les autres créatures furent créées uniquement pour lui procurer de la nourriture, des peaux, pour être martyrisées, exterminées. Pour ces créatures, tous les humains sont des nazis ; pour les animaux, la vie est un éternel Treblinka. »

Monsieur Todd, comme beaucoup, est un cas typique de « dissonance cognitive ». Il est anti-raciste, anti-sexiste (je crois) mais dès que l’on sort de l’unique et soit-disant supérieure espèce humaine (la seule espèce sur la planète si intelligente qu’elle commet justement des génocides envers elle-même et les autres espèces), il n’y a plus personne. Pourtant il affirme justement que: « Mais quand on décrypte, comme je le fais, des variables sociologiques, on arrive à la conclusion qu’il existe un subconscient inégalitaire dans notre société. » Oui mais l’égalité n’existera jamais sans prendre en considération les autres espèces de la planète comme des cohabitants et des individus à part entière et non comme des esclaves/objets à notre service. L’égalité est ici limitée comme d’habitude à l’espèce qui domine et exploite le vivant. Il oublie que ce que l’on fait aux animaux non-humains est tôt ou tard appliqués aux animaux humains.

Citons d’ailleurs un exemple flagrant dans « Un Eternal Treblinka » repris par les Cahiers Antispécistes: « Il poursuit avec le fait que les personnes malades, faibles ou blessées à leur arrivée dans un camp étaient immédiatement écartées, puis « éliminées » pour ne pas représenter une gêne ; il en va de même aujourd’hui encore pour les animaux trop affaiblis à leur arrivée pour se tenir debout et qu’on abandonne dans un coin jusqu’à ce que quelqu’un ait le temps de « s’occuper » d’eux. »

Bonnet blanc, blanc bonnet.

Et pourtant, comme je l’ai montré dans mon livre « C’est quoi le Véganisme? » dans un chapitre consacré à l’histoire du mouvement et de ceux qui ont réfléchi à la cause animale, l’époque des lumières, entre autres, est un grand exemple de penseurs qui ont réfléchi de manière intelligente à la place des animaux non-humains et pas seulement aux causes sociales liées aux seuls animaux humains: De Victor Hugo à Lamartine, de Mark Twain (fermement opposé à la vivisection et dont la fille était végétarienne) à Rousseau et Tolstoï, les idées intelligentes en ce qui concerne la place des animaux non-humains et la manière dont nous devons les considérer est très présente.

Du Président Abraham Lincoln, ayant aboli l’esclavage des noirs, déclarant: « Je suis en faveur des droits des animaux ainsi que des droits de l’homme. C’est la seule manière d’être un être humain » (coucou Alain Finkielkraut!), à Emile Zola: « La cause des animaux passe avant le souci de me ridiculiser » en passant par Voltaire: « Qu’y-a-t-il de plus repoussant que de se nourrir continuellement de chair de cadavre? » entre autres, et bien sûr Victor Hugo, fervent anti-corrida, il est clair que la pensée intellectuelle des élites modernes que critique Todd comme « crétine » peut s’appliquer à lui-même dès qu’il s’agit des animaux non-humains dont il veut nier l’importance. C’est d’ailleurs plutôt une obsession pour Todd puisqu’il récidive dans une conférence (lien direct au passage) qu’il a donné récemment sur Macron (par ailleurs intéressante) en s’énervant de la place que prennent les animalistes par rapport à la justice sociale en générale en nous traitant de « minables » mais bon il a un chat qui s’appelle Mozart donc… il n’est pas méchant n’est-ce pas? Puis il dit regretter rater une réplique « avec une nana, une animaliste quelconque » (sous-entendu Tiphaine Lagarde, à peine méprisante la remarque quoi) à la télé en prétendant que les animalistes sont un symptôme du macronisme. J’aurais tout entendu!

Mais Monsieur Todd, vous devriez relire Lamartine qui disait: « On n’a pas deux cœurs, l’un pour l’homme, l’autre pour l’animal… On a du cœur ou on n’en a pas ». Qui est minable?

Et il serait utile pour Alain Finkielkraut (qui pourtant cite Bashevis Singer!) et Emmanuel Todd d’apprendre d’autres juifs:

« La grande majorité des survivants à l’Holocauste est carnivore et ne s’intéresse pas plus à la souffrance des animaux que les Allemands se préoccupaient de la souffrance des Juifs. Qu’est-ce que cela signifie ? Laissez-moi vous le dire. Cela signifie que nous n’avons rien appris de l’Holocauste. Rien. Tout cela pour rien. Il n’y a aucun espoir » Albert Kaplan, fils de Juifs russes.

Enfin je vous laisse en photo le pompon de la grande pensée « philosophique » moderne avec l’excellent réponse d’Insolente Veggie:

Culture viande WolffInsolente Veggie sur Culture Viande

 

« Auschwitz commence lorsque quelqu’un regarde un abattoir et se dit : ce ne sont que des animaux. » Theodor Adorno

 

Sources:

  • La cause animale selon Alain Finkielkraut – France Inter 28/09/18
  • Emmanuel Todd choqué par Tiphaine lagarde Cpolitique 10/09/2017
  • Emmanuel Todd : «La crétinisation des mieux éduqués est extraordinaire» Libération 6/9/17
  • Finkielkraut juge les animaux plus « sensibles » que les habitants des banlieues – Panamza
  • Finkielkraut, spéciste et humaniste: Opposé à l’élevage industriel, l’académicien refuse néanmoins d’embrasser la croisade antispéciste – Causeur.fr 7/10/18
  • Emmanuel Todd – Qu’est-ce que le macronisme ? YouTube
  • La cause animale selon Alain Finkielkraut – France Inter 28/9/18
  • Le blog d’Insolente Veggie
  • Le site de 269 Life France
  • « Un éternel Treblinka » de Charles Patterson – Amazon
  • Cahiers antispécistes n°22 – février 2003: Eternal Treblinka par Anne Renon

 

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