Pour Julian Assange

Je ne suis pas une journaliste, juste une militante. Je ne suis pas une consommatrice d’info, je suis une avide lectrice et autrice toujours à la recherche de la vérité. Et je suis sidérée.

Sidérée de l’absence des médias français autour du procès en extradition de Julian Assange, sidérée de l’indifférence des politiciens et artistes et journalistes français autour de ce que moi-même, et d’autres, appellons le « procès du siècle ». En même temps, devrais-je être surprise par le silence de ces gens qui depuis très longtemps ont renoncé eux-mêmes à vraiment informer les peuples trop occupés à plaire à leurs maitres. Mais c’est tout de même sidérant.

Depuis 10 ans, Julian Assange est la victime non seulement de la brutalité du gouvernement criminel des Etats-Unis mais également de la propagande toujours aux ordres des états et de l’empire des médias. Ceux-ci ont avalé, sans hésiter et sans critique, les mensonges sur l’homme Assange en diffusant les accusations de viol (abandonnées par le gouvernement Suédois car fausses, pourtant fidèle vassal de l’empire). Je suis une victime de viol et je n’y ai pas cru une seule minute. Ils l’ont traité de mégalo, de corrompu, de terroriste (les mots des politiciens américains entre autres). Tout a été fait pour détruire sa réputation, son travail, sa vie.

Mais qu’a donc fait cet homme pour mériter ce traitement indigne et cette chasse aux sorcières du 21eme siecle? Avec Wikileaks, il a publié 10 millions de documents, plus que toute la presse réunie au monde, de quoi créer de la jalousie. Dans ces 10 millions de documents, il y a d’abord et avant tout les crimes de guerre de l’empire mais aussi des révélations sur des crimes environnementaux ou comment le Parti Démocrate a truqué la nomination de 2016 au profit d’Hillary Clinton et contre Bernie Sanders. Wikileaks a également montré comment cette même Hillary Clinton est également une criminelle de guerre. Pour la France, Julian Assange a rendu d’énormes services notamment en montrant que nos trois présidents avant Emmanuel Macron avaient eu leur téléphones sur écoute par la CIA et Angela Merkel en Allemagne. Il a également publié les #MacronLeaks qui ont clairement montré ce que le candidat Macron préparait pour la France. Aujourd’hui nous voyons et subissons le résultat.

J’ai suivi plus de 12 heures par jour le procès d’extradition à la court du Old Bailey à Londres. Ceci n’est pas un tribunal ordinaire. Il est le plus important tribunal PUBLIQUE du Royaume Uni. J’ai suivi les détails donnés par les quelques journalistes indépendants présents pour détailler le procès. Aucun « journaliste » des « médias de révérence » n’a semblé intéressé par ce procès alors que cela les concerne en premier lieu. Des journalistes de la BBC se sont pointés le premier jour pour, je suppose, faire bonne figure, mais n’ont apparemment pas trouvé le procès suffisamment intéressant à leurs yeux. C’est bien dommage car ce procès a révelé les plans de l’empire envers tout journaliste: Julian Assange est un journaliste, nous le punissons pour son travail et nous punirons tout autre journaliste, quelque soit son pays, s’il a le malheur de vouloir révéler nos crimes. Nous sommes les Etats-Unis et nous pouvons emprisonner qui nous voulons.

Peu de gens se lèvent pour défendre Assange dans le monde politique également. Les exceptions sont rares mais notables: Lula Da Silva, ancien président du Brésil lui-même persécuté et mis en prison avant que les révélations du journaliste Glenn Greenwald ne permettent sa libération, Raphael Correa, ancien président de l’Equateur qui avait donné l’asile politique à Julian dans l’ambassade de Londres et trahis plus tard par Lenin Moreno qui a littérallement vendu Julian à Donald Trump et Mike Pompeo et qui n’a pas aimé les révélations de Wikileaks sur sa corruption. Raphael Correa est lui-même persécuté et est refugié en Europe. Jeremy Corbin, ancien leader du Parti Travailliste Britannique, lui aussi une victime des plus grandes degueulasseries dont sont capables les « médias » et candidat malheureux à cause d’eux en grande partie. Et plus discrètement, on retrouve aussi Jean-Luc Mélenchon (voir ici sa note de blog sur Assange et aussi le site de Pamela Anderson ou elle note sa position sur les animaux et Assange et la video de la rencontre de Mélenchon avec Assange) en France, qui, lui aussi, connait bien le niveau auxquels les médias peuvent s’abaisser pour salir une personne. Il y en a d’autres comme les artistes Roger Waters (de Pink Floyd) et donc l’actrice et militante Pam Anderson, toujours du coté de la justice pour les animaux comme pour les humains.

Le procès etait donc une parodie de justice. La juge Baraitser s’est comportée comme une procureure et non comme une juge. Tous ceux qui ont suivi le procès savent que Wikileaks a révélé la corruption de son mari et qu’elle n’était donc pas impartiale et aurait du se récuser au profit d’un autre juge. Elle a refusé certainement pour se venger. Les descriptions données sur le déroulement et les conditions du procès sont ubuesques tant dans le parti pris de la juge, la manie du procureur d’essayer de décribiliser les témoins de haute qualité venus apporter leurs expertises en faveur de Julian. On y trouve des défenseurs des droits l’homme, des journalistes d’investigations, des juristes, des experts en informatique mais aussi des intellectuels importants comme Noam Chomsky ou Daniel Ellsberg à qui ont doit les Pentagon Papers, lui-même ancienne victime du gouvernement américain et dont le role a mis un terme à la guerre du Vietnam. Rien que ça! Les conditions physiques du procès lui même avec Julian enfermé dans une cage de verre et empêché de pouvoir avoir accès à sa défense ou même de pouvoir parler à ses avocats auraient du mettre un terme à la supercherie. L’inhumanité des conditions de sa détention, un JOURNALISTE dans une prison de haute sécurité pour TERRORISTES et les détails qui ont transpiré sur sa condition physique et mentale ne laissent aucun doute sur le caractère potentiellement mortel de l’issue.

Richard Medhurst, un jeune journaliste Syrien-Britannique courageux et intègre a parfaitement résumé ce procès le dernier jour devant le Old Bailey:

« Le manque d’accès pour les journalistes durant ce procès en extradition est une abomination. Le manque d’attention des médias est une abomination pas seulement en ce qui concerne la presse corporatiste mais aussi les médias indépendants. Certains ont même publiés des déclarations disant « ou est l’attention portée au procès Assange et à les critiquer ? » tout en continuant à ignorer le procès eux-mêmes. Ceci est une attaque sur la liberté de la presse, c’est une attaque sur ce qui reste de justice au Royaume Uni, c’est une violation des lois de l’Union Européenne, des lois Britanniques, des lois internationales. C’est une putain d’abomination que nous ayons Julian Assange en procès pour avoir exposé des crimes de guerre. Nous avons Chelsea Manning qui a été torturée et remise en prison pour avoir révelé des crimes de guerre et avoir dévoilé l’existence de fausses communes de 15,000 iraquiens tués. Les gens qui ont commis ces crimes de guerre, Tony Blair, George W. Bush, sont tous dehors. Paul Wolfowitz, Donald Romsfeld. Leurs noms n’ont même pas été prononcés dans cette fichue court! Ceci se passe dans le Cité de Londres mais ce sont les Etats Unis qui tiennent le maillet. Ce sont eux qui dirigent ce show. C’est dégoutant. Tout ce qu’a fait Wikileaks, tout ce qu’a fait Julian Assange étaient des actes d’anti-imperialisme et ils doivent être montrés en tant que tel. Nous devons nous rappeler des vrais crimes qu’ils ont devoilé. Ce n’est pas juste une attaque sur la liberté de la presse, c’est une attaque sur les vies de gens qui sont bombardés tous les jours, les gens qui sont tués chaque jour. On parle d’eux comme s’ils n’étaient que des fourmis. C’est inacceptable. Et ils veulent nous faire être désolés pour des « informateurs » imaginaires qui n’ont jamais été blessés et les Etats-Unis, de leur propre aveux, nous ont dit que Wikileaks n’a jamais mis qui que ce soit en danger. Donc, qu’est-ce qui se passe ici? Ceci est une violation révoltante des droits humains de Julian Assange, c’est une violation révoltante de la liberté de la presse, et c’est une absolue parodie de toute semblance de justice dans ce pays (RU). »

Dans son témoignage durant le procès, Jennifer Robinson, l’avocate et amie de longue date de Julian Assange, a révelé que des représentants de Trump s’étaient rendus à l’ambassade en 2017 pour faire un « deal » avec Assange: Il révelait la source des emails du Democratic National Commitee en échange d’un pardon par Trump. Julian a refusé pour ne pas trahir sa source a l’intérieur de la machine démocrate (et qui n’a jamais été le gouvernement Russe contrairement à la propagande). Pendant le procès, Julian a eu un soubressot et s’est levé en pleine court pour dénoncer le refus de la juge de laisser lire le témoignage d’une victime de torture par la CIA qui a pu se défendre grâce au travail fait par Wikileaks.

Julian, de part son intégrité, vaut mieux et je n’hésite pas à le dire, que la plupart des « grands journalistes » qui se ventent d’être les meilleurs. Ces gens sont silencieux soit par complicité, soit parce qu’ils l’ont jalousé, soit parce qu’ils sont trop bien payés pour se taire. Il est notable que le journal The Guardian qui a gagné beaucoup d’argent grâce à Assange et a aussi trahit sa confiance est particulièrement silencieux sur le procès. Ce silence est complicité. La même chose peut être dite du New York Times, Le Monde et quelques autres qui ont aussi fait beaucoup d’argent grâce à Wikileaks mais qui sont actuellement bien silencieux. Le procès a montré comment deux journalistes du Guardian ont voulu salir Julian Assange et comment ce sont eux qui auraient du être dans la cage de verre. Ils n’auront que mon mépris et surtout pas un abonnement de ma part.

Dans les années 70, l’ancien agent de la CIA, John Stockwell a montré comment la CIA a toujours implanté des « fake news » dans les grands médias du monde entier. Pensez-y une minute. Le New York Times n’a jamais retiré ses mensonges sur la guerre en Iraq. Wikileaks n’a JAMAIS EU à retirer quoi que ce soit sur 10 millions de documents car il n’y a aucune erreur. Combien de médias, habitués à être des serviteurs dociles des pouvoirs, peuvent se venter d’avoir un tel palmarès? Aucun. Et c’est bien pourquoi ils détestent majoritairement Julian Assange car il les a humiliés et a montré leurs limites.

«Le Church Comitee l’a publié en 1975, puis Woodward et Bernstein ont publié un article dans Rolling Stone quelques années plus tard: 400 journalistes coopèrent avec la CIA … pour introduire consciemment des histoires dans la presse.

Décision de la juge sur l’extradition début 2021.

#FREEASSANGE

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