Quand les “vilains” ne sont pas que ceux que l’on combat

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Il existe une maladie chez les militants animalistes que j’appellerai le “refus de se regarder dans le miroir”.

Cela fait plus de 10 ans que je suis dans le mouvement végan/animaliste, que ce soit aux Etats-Unis ou en France, et je crois pouvoir dire y avoir tout vu.  Aux Etats-Unis, j’ai connus des pervers narcissiques, des drogués, des imbus d’eux-mêmes et des champions de la superficialité “Hollywood style”. Quand je suis arrivée en France, une excellente amie m’a dit: “tu verras, les militants français sont pires que les américains”. Elle avait tristement raison.

Je peux résumer les militants animalistes avec de nombreux mots: passionnés, courageux, chiants, hypocrites, égoïstes, altruistes, opportunistes, dédiés et même méchants. Si vous militez depuis longtemps vous-même, vous avez certainement attribué ces mots à toutes sortes de personnes autour de vous. Le militantisme rassemble des égos de toutes sortes sous chaque étiquette.

J’ai connu les meilleurs militants comme j’ai connu les pires. En cela, ils ne sont aucunement différents du commun des mortels. Leur seule différence est l’intérêt qu’ils portent aux animaux non-humains et C’EST TOUT! Ils ne sont pas supérieurs aux autres et ils ont les mêmes fichus défauts… et c’est bien le problème.

Je n’ai pas la prétention de me croire parfaite, loin de là. J’ai même énormément de défauts. J’ai seulement la satisfaction de pouvoir me regarder dans le miroir en sachant que je n’ai fait de mal à personne consciemment. Et je me suis TOUJOURS excusée si j’avais commis un tord envers quelqu’un, une bonne habitude même pas apprise de mes parents mais qui me paraît être normale, un petit quelque chose qui manque sérieusement chez beaucoup de gens.

Il serait bien de temps en temps pour certains de regarder leurs propres actes envers ceux qui sont dans leur camp car c’est bien là que tout déraille sérieusement dans ce “mouvement”.

Par exemple quand:

  • des militants se servent de la notoriété des autres et surtout de leur travail de longue haleine pour les trainer dans la boue et utilisent ce travail à leur propre profit et pour leurs propres égos. A travailler: L’humilité.
  • des militants vous traitent de salaup(e)s juste pour avoir utilisé maladroitement la langue. Oui, ils sont parfaits et ne commettent jamais d’erreurs eux-même. A travailler: le discernement.
  • des militants, qui se disent altruistes et pleins de compassion, souhaitent la mort de ceux qui sont très malades physiquement ou en grande difficulté à l’intérieur du mouvement. Peut-on enfin dire que c’est dégoutant? A travailler: le respect de l’autre.
  • des militants relativement “neufs” croient déjà tout savoir et crachent sur le travail des “anciens” qui ont travaillé des années pour que ces “jeunes” écervelés puissent prendre le relai. Ces “jeunes” n’ont d’ailleurs aucune gratitude pour ce qui a été fait pour leur faciliter les choses et profitent bien de ce qu’ils ont appris jusqu’à ce qu’ils ne fassent que des erreurs. A travailler: L’orgueil.
  • des militants, des végans en plus, souhaitent la mort non seulement aux leurs mais à ceux qu’ils opposent, bien loin de la préoccupation morale d’ “être le changement que l’on veut voir dans le monde”, autrement dit pratiquer ce que l’on prêche, une idée morale au coeur même du véganisme notamment. Ils oublient d’où ils viennent eux-mêmes, autrement dit qu’ils n’ont pas toujours été végans/animalistes et qu’ils étaient auparavent comme ceux qu’ils haïssent. Le véganisme n’est pas en effet uniquement une préoccupation matérialiste mais aussi une attitude morale qui demande donc une certaine droiture. A travailler: La compassion pour tous les êtres vivants (y compris les humains).

Franchement, quand nous nous permettons de nous dire comme faisant partie d’un mouvement pour la libération animale (et les humains sont des animaux aussi), nous avons un énorme travail à faire d’abord sur nous-mêmes avant de prétendre vouloir sauver les autres. Il faudrait peut-être se sauver soit-même en premier si on veut réellement prétendre faire avancer les droits des animaux non-humains.

On peut noter d’ailleurs que ceux qui font avancer le mieux la cause sont souvent les plus humbles, les moins bavards et ceux qui agissent le plus. Ceux qui gueulent le plus et souhaitent du mal aux autres sont généralement ceux qui en font le moins. C’est tout dire…

 

L’humilité ne consiste pas à se considérer comme inférieur, mais à être affranchi de l’importance de soi. ~ Matthieu Ricard

 

© Copyright Juin 2017 – Vegan EmpowermentFrancophone / Veronique Perrot – Tout droits réservés. Toute utilisation et/ou publication non-autorisée de ce matériel sans l’autorisation verbale ou écrite de cette auteur et/ou de cette propriétaire est strictement interdite. Des extraits ou des liens peuvent être utilisés si un crédit clair et complet est donné avec une direction spécifique et appropriée vers le contenu original.

 

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